Extrait du Guide du Routard : C’est l’un des plus jolis ports irlandais à une trentaine de kilomètres de Cork (côte Sud de l’Ile). Ses environs figurent parmi les endroits les plus pittoresques d’Irlande. On peut y voir de nombreuses maisons bariolées, certaines sont de vraies œuvres d’art.
Kinsale symbolise le début de la fin de l’indépendance de l’Irlande, c’est ici en effet que furent écrasés en 1601 les chefs gaëls et leurs alliés espagnols. Un véritable désastre stratégique : ce fut la célèbre « fuite des contes » (Flight of the Earls), qui conduisit une large part de la noblesse irlandaise à émigrer sur le continent. Un certain William Penn, petit fonctionnaire à Kinsale, s’y ennuyait ferme, émigra aux Etats-Unis et fonda… la Pennsylvanie.
Nous y sommes arrivés le lundi après-midi, direct depuis l’aéroport de Cork après notre vol depuis Paris. La conduite à gauche était une première, et ça s’est plutôt bien passé. Mais les routes sont très peu larges, et la voiture de location était quand à elle, trop large pour ces mêmes routes, le rétroviseur de gauche à raclé à plus d’une reprise la végétation du côté.
Après un petit moment d’hésitation géographique, nous sommes arrivés à notre première halte des vacances, le Bed and Breakfast « Bay View », conseillé par le Routard, un peu au dessus de la ville, au milieu des champs et avec vue sur la Baie. Un couple d’une bonne quarantaine d’années nous a chaleureusement accueillis dans leur maison. L’hôtesse était absolument charmante et a répondu avec patience à nos nombreuses questions (à qui doit on donner la priorité sur la route, et où peut-on dîner, que doit-on voir dans les environs…), elle a pris notre commande pour le petit déjeuner du lendemain et nous a souhaité une bonne soirée. La maison était impeccable, ainsi que le grand jardin, et ce gazon, si épais et vert ! D’ailleurs tout est très vert en Irlande, oui bien sûr c’est grâce à la pluie, mais ce jour là il faisait grand soleil.
Après un petit tour le long du port et dans le village, nous avons dîné au Pub « The Armada House » dans Pearse Street. Notre première expérience de gastronomie « pubbesque » s’est très bien passée, nous avons choisi des plats typiques, un bœuf à la Guinness et une assiette de jambon et chou, avec bien sûr l’immuable pomme de terre à la vapeur. Première pinte de Guinness aussi, et oui, elle a le même goût qu’à Paris, la raison ? Toute la Guinness est fabriquée au même endroit, même celle qui est destinée à l’exportation. Je vous en dirai plus lorsque je parlerai de notre visite de Dublin.
Pourquoi a-t-on autant aimé cette étape? Nous ne le savions pas encore, mais nous allions aimer autant chacun des endroits visités.
Le Bed and Breakfast, très proche de notre Chambre d'Hôtes, c'est une maison de particuliers où une ou plusieurs chambres sont louées à des visiteurs, avec en prime, le petit déjeuner. En Irlande on trouve des B&B partout, même au beau milieu de la campagne, ils sont indiqués par des panneaux dans les rues (ils sont d'ailleurs mieux indiqués que les rues elles mêmes), et sont ou non agréés par l'office national. Il faut compter environ 30 à 35 euros par personne, moins cher pour des enfants. La salle de bains est souvent "en suite" c'est à dire collée à la chambre. Notre hôtesse à Kinsale -Kathleen- est très grande (peu d'Irlandais le sont) et très gentille, elle était très prévenante et toujours prête à aider ou renseigner. Dans la chambre nous avons pu nous faire un petit thé réconfortant (tout est à disposition, et des biscuits en prime) en faisant le point sur la soirée à venir. Pour le petit déjeuner du lendemain, nous avions un choix exceptionnel, que nous avons retrouvé dans tous les B&B par la suite: le traditionnel Irlandais (saucisses, boudin noir et blanc, oeuf et tomate), le oeuf-bacon, le saumon-oeuf.... avec pour tout le monde, large choix de céréales, jus de fruits ou fruit frais, yaourt, toast et le merveilleux "brown bread" Irlandais, je ferai un post "cuisine" juste pour ce pain.
Comme beaucoup de villages en Irlande -et comme vous pouvez le voir sur les photos-, toutes les maisons sont décorées avec soin, des couleurs et des objets de déco vous font oublier la grisaille ambiante des nombreux jours de pluie.
Pour éviter la pagaille créée par la circulation qui est toujours plus forte (surtout que Kinsale est touristique), un système de disque de parking a été mis en place, et des parkings installés autour du village (c'est à dire à 2 minutes de marche!). Dans d'autres villages les rues sont en sens unique, là non, alors il a fallu serrer les dents plus d'une fois car les rues ne sont pas faites pour que 2 voitures aux dimensions modernes se croisent.
Par Marie, Paris
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Mercredi 14 septembre 2005
Au matin du 2e jour, nous partons vers l'Ouest. Notre route n'est pas décidée à l'avance, nous savons juste que nous allons faire le Ring of Kerry, puis visiter Dingle et revenir par Killarney avant de dépasser Cork vers l'Est.
Avant de quitter Kinsale, nous faisons une petite ballade au Fort James, nous y trouvons les vestiges d'un fort du 17e siècle, qui garde l'entrée du port, très impressionnant.
Kathleen, notre hôtesse à Kinsale, nous avait conseillé la ballade sur la route de Eyeries sur la péninsule de Beara, alors nous avons pris ce cap. Nous suivons la route N71, non, ce n'est pas une route nationale comme on l'entend à la Parisienne (deux fois deux voies, bande d'arrêt d'urgence, grandes files d'insertion...) mais une route de campagne entre deux murs de végétation dense et assez large pour passer 2 voitures de type Clio chacune dans un sens. Sauf qu'en Irlande, la route appartient à tout le monde (on ne va pas cesser de s'en rendre compte) et ça inclut les tracteurs et les 33 tonnes... sans parler des moutons que nous trouverons un peu plus loin, et que la vitesse limite est de 100 Km/heure. Non, mais vous avez déjà essayé de croiser dans votre Renault Mégane de location, un camion lancé à 80Km/heure dans un virage sans aucune visibilité? Ca vous glace! D'ailleurs la voiture sus-nommée avait de très bon freins, même si la boite de vitesse a sérieusement besoin d'un bon réglage.
Par Marie, Paris
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Vendredi 16 septembre 2005
Sur le chemin jusqu'à la péninsule de Beara, nous avons décidé de nous arrêter à Baltimore, et comme le guide du Routard nous indiquait que la ballade sur la route de Lough Ine était super, hop, nous bifurquons sur notre gauche juste après Skibbereen. Le guide dit: "Sur la route de Baltimore, une superbe balade le long du golfe, on a l'impression de longer un lac". Le plan d'eau est tellement beau qu'on gare la voiture à côté et hop hop un peu de marche ça fait du bien. Une forêt nous tend les bras, OK on y va. Ca grime ça grimpe, on respire à fond et on met un pied devant l'autre en évitant les racines des graaands arbres. A un moment une éclaircie au milieu du feuillage, et on découvre la baie, quelle beauté! "Le chemin descend vers une petite crique de pêcheurs à l'eau transparente" Je confirme, elle est limpide, et brille sous le soleil de ce beau jour de Septembre.
On reprend la voiture, le coeur plus léger et les poumons nettoyés, direction Baltimore pour le déjeuner. "Baltimore, en plus de la pêche et de la construction de bateaux, devient l'un des plus importants rendez-vous de la navigation de plaisance du pays. Baltimore connut en 1631 l'une des rares incursions arables en Irlande: 200 habitants furent emmenés comme esclaves à Alger. Le vieux château en ruine des O'Driscoll reste l'un des témoignages de cette époque agitée."
Avant de reprendre la route, nous dégustons un rapide lunch et une eau minérale à la terrasse du pub Bushe, fréquenté par les vieux pêcheurs et les ferrymen. Nous gardons toujours le cap de l'Ouest, vers la péninsule de Beara
Par Marie, Paris
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Vous me suivez toujours dans mes vacances irlandaises? On est dans l'après-midi du jour 2, ce mardi 6 Septembre 2005 au Sud Ouest de l'Irlande, on passe vite fait à Bantry, bourgade nichée au creux d'une rade somptueuse au nord de la péninsule de Durrus. On se gare pour se dégourdir les jambes, et on visite l'Office du Tourisme. L'accueil dans les OT est toujours très professionnel, et en plus ils vendent souvenirs et timbres!
Bantry n'était qu'une mini étape, ce qu'on avait envie de voir ensuite c'était Glengariff. C'est ici que se manifestent le plus les effets bénéfiques du Gulf Stream. Autour de cette baie hyper protégée pousse une végétation subtropicale étonnante (on y voit même des palmiers et des bambous), une véritable oasis de vert. Tout autour et sur les îles, forêts luxuriantes, collines et jardins abondamment fleuris.
Notre but, plus précisément, était de visiter le Bamboo Park. Ce parc est la concrétisation du projet d'une famille belge de faire pousser des bambous sur le sol irlandais. Les premières pousses ont été plantées en coopération avec la bambouseraie d'Anduze, dans les Cévennes (que nous avons visitée il y a juste un an). Le parc a une aile récente et il y faut laisser le temps aux 30 espèces différentes de bambous et 12 espèces de palmiers de pousser, mais on peut s'amuser à se perdre dans la forêt quasi centenaire du "old garden" et ses tunnels de végétation. Le tout étant au bord de la baie de Glengariff, quelques chemins débouchent sur la grande bleue, on trouve de super bonnes mûres à grignoter au bord des rochers.
On a adoré le vieux jardin, où en effet la main de l'homme ne semble avoir été posée depuis de nombreuses années. Coup de coeur pour ce tunnel de bois et cette petite aire de restauration à taille Hobbit.
Comme le conseillait le guide, on est ensuite allés se promener tranquilement au bord de l'eau, dans le centre du village: criques intimistes, sous-bois bien frais et barques esseulées, le tout dans un silence requinquant. Le sentier commence dans le fond du parking du magasin Quills, belle maison jaune aux volets verts et quasi entièrement recouverte de lière, on y trouve de très beaux pulls de laine et autres souvenirs irlandais.
Par Marie, Paris
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Nous avions toujours cette idée de la jolie route sur la péninsule de Beara, mais pas le temps d'y faire un tour. L'après-midi était déjà assez avancée et il fallait encore trouver où se poser pour la nuit. Guide du Routard page 240 : "Petit centre de pêche, point de départ du Ring of Kerry au sud. Animé en été. La ville est plutôt agréable, ordonnant ses demeures colorées sur les deux rues principales".
Pour tout le voyage nous n'avions réservé que la première et les deux dernières nuits (Kinsale la veille et Dublin le week-end), alors nous avons fait appel au Guide (que je l'aime ce guide) pour trouver une adresse sympa de Bed and Breakfast. Lorsque nous avons récupéré la voiture, la société de location nous a également donné un guide des B&B d'Irlande, j'ai ainsi pu comparer ce que disais chacun des bouquins, j'aime bien faire ça. Bref, notre choix s'est porté sur Greenville B&B et nous nous sommes rendus sur The Lodge pour voir si ils avaient de la place. Nous avons été accueillis par le maître des lieux, M. Sayers, que l'on appelle rapidement Jerry, un vieux monsieur avec de beaux cheveux blancs et qui roulait les R en utilisant de vieux mots (j'adore le "Cheerio" pour dire au-revoir). Il nous montre une chambre, nous donne son tarif (33 euros par personne) et nous concluons le deal.
Le B&B étant situé juste à l'orée du centre ville, nous pouvons abandonner la voiture et partir explorer à pieds (et ça c'est un plaisir). Le "centre ville" consiste en deux rues en "T" dont le coin forme une place arborée. Comme partout ailleurs dans les villes touristiques, son Eglise toute grise, son parking bondé et ses innombrables B&B au dessus des pubs. Habiter dans un B&B de pub est très pratique pour les fins de soirées bien arrosées, mais extrêmement bruyant.
Nous avons choisi (merci pour le conseil le Routard) de dîner au pub Foley's où nous avons mangé simplement mais avec plaisir, comme d'habitude. Coup de chance, ce soir là il y avait un musicien qui nous a chanté les classiques "que les touristes aiment bien entendre". A l'occasion, on s'est apperçus que ormis le staff, il n'y avait aucun irlandais dans la salle (!) et les trois quarts des touristes étaient des américains.
Allez, chantons ensemble le refrain du Wild Rover
And it's no, nay, never
(taper dans les mains 4 fois)
No, nay, never, no more,
Will I play the rover
No never, no more
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Par Marie, Paris
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Mercredi 21 septembre 2005
Les irlandais ne sont pas habitués aux restaurants comme nous, lorsqu'ils veulent manger en dehors, c'est au pub qu'on les retrouve. Hé oui, le pub n'est pas fait que pour boire un verre ou discuter entre amis et collègues, c'est aussi un haut lieu de la gastronomie traditionnelle locale (c'est aussi vrai en Grande Bretagne). On y déjeune ou y dîne, le déjeuner du dimanche étant un repas traditionnellement pris au pub.
A la carte, on retrouve le "bar food" pour le midi: sandwiches, burgers, soupes et salades + frites, pour entre 3 et 8 euros. Pour le soir on a tous les plats traditionnels, dont par exemple le Irish Stew (mouton ou agneau mijoté avec des petits légumes), le ragoût de Boeuf à la Guinness et le Jambon-Choux. Le tout est servi avec une pomme de terre à la vapeur et du pain noir avec du beurre. Le plat coûte 9 à 10 euros et est très copieux.
Pour les desserts les irlandais sont moins doués, on s'en sortira bien avec un crumble, sinon on peut s'aventurer dans les jelly ou les gâteaux à la crème (mais je ne conseille pas). A la place du dessert, et si on ne conduit pas après, je conseille le Irish Coffee ou encore le Baileys Coffee (une portion de wiskey irlandais ou de Baileys, remplir la tasse presque jusqu'à ras-bord, finir de remplir avec un peu de crème fouettée).
Je conseille fortement de se restaurer dans les pubs plutôt qu'au restaurant, pour leur ambiance, la qualité des plats et aussi les prix. Les prix des repas au restaurant sont prohibitifs, on ne s'en sort pas à moins de 30 euros, et c'est sans le vin (!)
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Par Marie, Paris
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Guide du routard Irlande, page 240: "Le Ring of Kerry. Certainement la plus populaire des péninsules irlandaises. La beauté du paysage vient avant tout des contrastes ininterrompus offerts à chaque virage de la route. Les vallées couvertes de sapins succèdent à des landes immenses, descendant sur des kilomètres vers la mer sur un fond déchiqueté par les îles, les baies et lagunes, jouant sans cesse avec le soleil, changeant de couleur, de végétation, d'aspect..."
Nous avons choisi de ne pas faire tout le Ring, par faute de temps et même de motivation. Nos hôtes des B&B nous ayant conseillé à plusieurs reprises de ne pas y perdre trop de temps et de se concentrer sur les péninsules de Beara et de Dingle. Nous décidons de faire un petit bout du Ring, donc, celui qui passe par les terres, entre montagnes et grands lacs.
La météo était mauvaise, il tombait un crachin digne des côtes Bretonnes, celui qu'on croit qui ne vous mouillera pas mais qui en fait vous trempe.Voici la vue depuis la Ladies View. Depuis ce point culminant, on découvre l'Upper Lake et la vallée, un très beau paysage qui ne peut décevoir. La Reine Victoria est à l'origine de ce nom. En effet, la première fois qu'elle vit le panorama, elle s'enthousiasma tellement qu'elle autorisa ses dames de compagnie à l'admirer avec elle." Malgré l'humidité le jour était clair et nous avons eu la chance de voir un magnifique arc en ciel sur la vallée. La légende dit que le "Lucky Leprechaun" (lutin porte bonheur) a enterré un trésor au pied de l'arc en ciel, voilà, vous savez où il est maintenant.
Le propre de cette route du Kerry est d'offrir des paysages aussi contrastés que magnifiques. Et la meilleure façon de les voir est de rouler, trouver que c'est beau, garer la voiture où on peut et aller voir de plus près pour s'assurer que c'est vraiment beau. Je vous le confirme, les paysages sont à tomber par terre!
Une autre visite conseillée de ce parcours depuis Kenmare est la cascade de Torc (Torc Waterfall), elle fait 18 mètres, dans les bois.Nous avons eu le courage -et l'inconscience- de suivre le chemin de randonnée qui part du bas de la cascade, sans savoir où nous allions arriver. Ca monte, ça monte, ça monte! La vue vaut néanmoins l'effort:
Notre but pour le soir était de loger dans la péninsule de Dingle, sur la péninsule du même nom et nous sommes passés par Killarney pour prendre un snack dans l'après-midi. Killarney est une ville (!) on n'en avait perdu l'habitude. Nous ne l'avons pas visitée mais avons admiré de jolies places fleuries et des calèches à cheval en passant. Nous avons trouvé un pub très sympa pour y engloutir un sandwich et une salade.
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Par Marie, Paris
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