Le mystère de la crypte ensorcelée

Publié le par Marie, Paris

Voici un roman que j'ai lu récemment, en préparation de mon voyage du mois de Mai à Barcelone.

Avant d'aller plus avant, voici le blurb du quatrième de couverture:

Deux pensionnaires d'un collège religieux de Barcelone ont disparu. Une nonne délirante et un policier verreux promettent la liberté à un délinquant fou à condition qu'il éclaircisse le mystère. Ce roman policier d'une férocité parodique porte sur l'Espagne de l'après-franquisme un regard aussi cocasse qu'impitoyable.

Edouardo Mendoza est né à Barcelone en 1943 et est considéré comme l'écrivain Espagnol le plus talentueux de sa génération.

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Je trouve ce texte de présentation trop court et éloigné du roman, il est trop réducteur par rapport à l'épopée du héro.
Notre héro est un délinquant qui a été interné en asile, un fou gentil qui se voit confier une enquête pour retrouver une jeune pensionnaire disparue de son collège. On le suit pendant 48h dans les rues de Barcelone à la recherche d'indices et d'idées. Il y a été laché par la police à laquelle il a maintes fois déjà servi d'indicateur, sans argent ni vêtements de rechange, et poursuivi par la malchance et les coïncidences désastreuses.

L'enquête en elle même est imparfaite et son dénouement improbable, mais ça n'est pas l'attrait premier du roman. Ce qui m'a énormément plu c'est le style de l'auteur, le discours du fou qui s'improvise détective, avec pléthore de vocabulaire, de tournures de phrases extravagantes mais toujours syntaxiquement parfaites. J'ai adoré la cascade d'arguments qu'il peut sortir à la minute pour justifier une action ou une pensée. Il se met dans des situations totablement abracadabrantes et ne peut s'en sortir qu'avec une pirouette digne des meilleures courses de taureaux.
Un exemple vaut mieux qu'un long discours, voici:

Je tombai sous la capote d'une des Seat garées sur le gravier et ne souffris pas de dégâts matériels de grande envergure, à ceci près que je déchirai sur l'antenne la partie postérieure de mon pantalon, me ralliant du même coup à la vague d'érotisme qui nous envahit et à laquelle cèdent si volontiers nos vedettes, avides d'exhiber aujourd'hui les chairs flasques qu'elles dissimulèrent alors qu'elles étaient encore fermes, lors d'un hier déjà lointain. Considérant sans doute que les émoluments qu'il percevait ne justifiaient pas qu'il prît le risque de sauter à ma suite, le policier se contenta de vider le chargeur de sa mitraillette sur la Seat où je ne me trouvais déjà plus, transformant le moteur, la carosserie et les vitres en gruyère. Je dirai en passant que je n'ignore pas que le gruyère n'a pas de trous, ceux-ci appartenant en fait à un autre genre de fromage dont j'ai oublié le nom et que, si j'ai utilisé la comparaison qui précède, c'est que dans le langage commun de notre pays on a coutume d'identifier toute surface trouée avec le premier de ces deux fromages. J'ajouterai même que je fus un peu déçu que la voiture criblée n'explosât pas, comme font invariablement les mécaniques analogues dans les séries de télévision, bien que nous sachions tous qu'il y a un abîme entre la réalité et la fiction, et que l'art et la vie ne vont pas nécessairement de pair.

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Soufflés par cette digression? Moi j'adore et j'ai pris un réel plaisir à lire ce roman, 180 pages de pûr bonheur de lecture que j'aurais aimé prolonger. D'ailleurs je vais le faire rapidement car Eduardo Mendoza est un auteur prolifique, et je veux m'assurer de bien maîtriser la cartographie de Barcelone avant mon départ :)

Publié dans Carnet de culture

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lory 29/03/2007 13:04

Merci pour l'article!
j'adore lire et avoir des conseils c'est cool.

mamina 29/03/2007 11:35

Il y a des auteurs comme Mendoza que l'on n'aime pas quitter.