Quantcast

L'auteure

Marie, Paris, France

 

 


Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

W3C

  • Flux RSS des articles

Carnet de culture

Lundi 25 juin 1 25 /06 /Juin 10:30
Vendredi dernier je suis allée au théâtre de la Grande Comédie à Paris, voir la pièce "Tout Bascule". En voici le résumé :


Le mariage le plus court de l'Histoire… Jacques LASSEGUE (Olivier Lejeune) publicitaire renommé, s'est résigné à épouser Corinne (Virginie Stevenoot). À la sortie de l'église, Lucie (Marthe Mercadier), gaffeuse invétérée, lui a logé un grain de riz dans l’œil ! Ce n’est que le début d’une succession de catastrophes et de quiproquos détonants qui l'empêchent d'assister à son banquet de noce ! Jean TOURILLE (Gilles Bellomi), le mari d'Emmanuelle (Lydie Muller), sa maîtresse, vient lui apprendre la mort accidentelle de cette dernière… Michel ROLORS (Gérard Touratier), présidentiable, met fin à leur collaboration professionnelle… Quant à Quentin QUERROCHOT (Fred Vastair), le journaliste local, il ne sait plus sur quel pied danser ! Tout s’enchaîne à un rythme d’enfer, et… jusqu’à la dernière minute, tout bascule !
  toutbascule-affiche.jpg


C'est une pièce de boulevard, du style où l'on rit des histoires abracadabrantes des maris, des femmes et des amants. Celle-ci est particulièrement bien écrite et superbement interprétée.

toutbascule-olivier.jpg L'écriture du texte et la mise en scène (toutes deux faites par Olivier Lejeune) sont à un rythme effréné. Il n'y a pas de temps mort, pas un instant de trou qui vous ferait vous ennuyer. Une preuve? Nous sommes arrivés tard et je me suis assise sans enlever mon manteau, et bien je l'avais toujours sur le dos à la fin de la représentation!
Les situations se succèdent, toutes plus inattendues et drôles les unes que les autres. On va de situation cocasse en invraissemblance et pourtant tout est tellement bien coulé que ça se suit et se mange sans faim!

Olivier Lejeune (photo) est un grand jeune homme de de 56 ans, que vous avez certainement déjà vu au théâtre ou à la télévision. Il est le personnage principal de la pièce et ne quitte la scène quasiment pas. Il est à la fois la victime et le coupable de beaucoup des situations rocambolesques de la comédie.
toutbascule-marthe.jpg

L'interprétation est majestueuse! Vous connaissez peut être Marthe Mercadier, une jeune femme de 79 ans et 60 ans de carrière! Vous l'avez certainement déjà vue, elle a joué dans 91 films de cinéma, fait la comédie dans plus de 46 pièces, participé à 350 émissions de télévision et même produit de nombreux spectacles.

Elle joue dans la pièce une vieille fille déjantée, la soeur du héros et également une catalyste de catastrophes! Malgré son âge et certainement grâce à toute son activité, elle a une pêche d'enfer et elle transmet son enthousiasme dans son jeu, une sacrée bonne femme!


Je vous encourage à
voir cette pièce, au théâtre ou en DVD (en vente sur place, sur le site de la pièce et à la FNAC). C'est un bon moment de détente absolue, de rire franc et de performance scénique.
Par Marie, Paris - Publié dans : Carnet de culture
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Jeudi 29 mars 4 29 /03 /Mars 11:00

Voici un roman que j'ai lu récemment, en préparation de mon voyage du mois de Mai à Barcelone.

Avant d'aller plus avant, voici le blurb du quatrième de couverture:

Deux pensionnaires d'un collège religieux de Barcelone ont disparu. Une nonne délirante et un policier verreux promettent la liberté à un délinquant fou à condition qu'il éclaircisse le mystère. Ce roman policier d'une férocité parodique porte sur l'Espagne de l'après-franquisme un regard aussi cocasse qu'impitoyable.

Edouardo Mendoza est né à Barcelone en 1943 et est considéré comme l'écrivain Espagnol le plus talentueux de sa génération.

.

Je trouve ce texte de présentation trop court et éloigné du roman, il est trop réducteur par rapport à l'épopée du héro.
Notre héro est un délinquant qui a été interné en asile, un fou gentil qui se voit confier une enquête pour retrouver une jeune pensionnaire disparue de son collège. On le suit pendant 48h dans les rues de Barcelone à la recherche d'indices et d'idées. Il y a été laché par la police à laquelle il a maintes fois déjà servi d'indicateur, sans argent ni vêtements de rechange, et poursuivi par la malchance et les coïncidences désastreuses.

L'enquête en elle même est imparfaite et son dénouement improbable, mais ça n'est pas l'attrait premier du roman. Ce qui m'a énormément plu c'est le style de l'auteur, le discours du fou qui s'improvise détective, avec pléthore de vocabulaire, de tournures de phrases extravagantes mais toujours syntaxiquement parfaites. J'ai adoré la cascade d'arguments qu'il peut sortir à la minute pour justifier une action ou une pensée. Il se met dans des situations totablement abracadabrantes et ne peut s'en sortir qu'avec une pirouette digne des meilleures courses de taureaux.
Un exemple vaut mieux qu'un long discours, voici:

Je tombai sous la capote d'une des Seat garées sur le gravier et ne souffris pas de dégâts matériels de grande envergure, à ceci près que je déchirai sur l'antenne la partie postérieure de mon pantalon, me ralliant du même coup à la vague d'érotisme qui nous envahit et à laquelle cèdent si volontiers nos vedettes, avides d'exhiber aujourd'hui les chairs flasques qu'elles dissimulèrent alors qu'elles étaient encore fermes, lors d'un hier déjà lointain. Considérant sans doute que les émoluments qu'il percevait ne justifiaient pas qu'il prît le risque de sauter à ma suite, le policier se contenta de vider le chargeur de sa mitraillette sur la Seat où je ne me trouvais déjà plus, transformant le moteur, la carosserie et les vitres en gruyère. Je dirai en passant que je n'ignore pas que le gruyère n'a pas de trous, ceux-ci appartenant en fait à un autre genre de fromage dont j'ai oublié le nom et que, si j'ai utilisé la comparaison qui précède, c'est que dans le langage commun de notre pays on a coutume d'identifier toute surface trouée avec le premier de ces deux fromages. J'ajouterai même que je fus un peu déçu que la voiture criblée n'explosât pas, comme font invariablement les mécaniques analogues dans les séries de télévision, bien que nous sachions tous qu'il y a un abîme entre la réalité et la fiction, et que l'art et la vie ne vont pas nécessairement de pair.

.

Soufflés par cette digression? Moi j'adore et j'ai pris un réel plaisir à lire ce roman, 180 pages de pûr bonheur de lecture que j'aurais aimé prolonger. D'ailleurs je vais le faire rapidement car Eduardo Mendoza est un auteur prolifique, et je veux m'assurer de bien maîtriser la cartographie de Barcelone avant mon départ :)

Par Marie, Paris - Publié dans : Carnet de culture
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 5 décembre 2 05 /12 /Déc 09:20

Samedi dernier, je suis allée au théâtre de la Comédie République pour voir le "one woman-show" de Dominique de Lacoste.

Une rencontre, un mari, un enfant, une maison au bord de l'eau, des emmerdes avec sa "livebox". Vous pensez que tout cela ressemble aux chroniques d'une vie ordinaire et qu'il n'y a pas là de quoi en faire un spectacle.


Oui, mais... Quand tout cela arrive à Dominique de Lacoste, sortez le Tabasco, ça chauffe ! C'est pas de sa faute, elle fait tout à l'envers !!

Mariée à l'âge où les autres divorcent ! Maman à l'âge où ça emmerde de se faire appeler mamie !
Dominique de Lacoste sort enfin de l'enveloppe de la vieille Gisèle Rouleau des Vamps pour une heure et demie de rire où les presque quinquagénaires s'apercevront qu'ils ne sont pas les seuls à être largués par la technologie du nouveau millénaire !


Cette jeune quinquagénaire a de l'énergie à revendre! Pendant une heure et quart, Dominique de Lacoste parle de sa vie, ses amours, ses emmerdes, sa boulangère et son esthéticienne. On sourit, on rit, on essaie de ne pas en rater une miette!

La comédienne raconte sa carrière d'avant, l'aventure "Les Vamps", comment elle s'en est détachée et veut désormais être elle-même. Elle-même justement, que l'on explore par le menu: tout y passe, son look, la rencontre avec son mari, son fils, son GPS (grosse poufiasse sadique), l'installation de sa Livebox, la vie dans le métro, les intermittents du spectacle...

On écoute Dominique de Lacoste raconter tout ça avec des tonnes d'humour et de détachement. On a toujours de sourire aux lèvres, qui passe parfois au rire, et même quelques fois au fou-rire. Toute femme, parisienne ou corse, entre 40 et 50 ans (et plus jeune pour moi :) se sent concernée à un moment ou un autre.

Je regrette que les sujets traités n'aient pas été très développés, rarement plus de 2-3 minutes. J'aurai vraiment apprécié d'entendre son avis sur les réunions de copropriété ou encore sa gestion de son abonnement à la téléphonie mobile.

Je vous conseille d'y aller pour un moment agréable, en début d'une soirée parisienne. Si vous voyez son spectacle, ne ratez aucune miette du sketche sur la recette du homar à la vapeur d'agrumes, c'est à se rouler par terre!

Comédie République
1, Boulevard St Martin
75003 Paris  Plan d'accès
Tel : 01 40 29 03 02
Prix: 18 euros.

Jusqu'au 30/12/2006 à 20:00 : Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi

Par Marie, Paris - Publié dans : Carnet de culture
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 3 novembre 5 03 /11 /Nov 09:40

.

Je suis allée le voir mercredi, le jour de sa sortie, la salle était absolument bondée, et c'était mérité car ce film est vraiment très sympa.

Avant de vous donner mes impressions, voici le résumé (trouvé sur allociné)

La vie est facile pour Luis, 43 ans, célibataire heureux, épanoui dans son métier, aimé, choyé, couvé par sa mère et ses cinq soeurs. Cela aurait pu durer toute une vie, mais voilà...
Lassées de le materner, celles-ci décident qu'il est temps pour lui de se marier. Le plus vite possible ! Cerné par sa famille qui ne pense plus qu'à ça, il élabore un plan : trouver la femme parfaite qui va se faire passer pour sa fiancée et qui va lâchement l'abandonner le jour du mariage. Après ça, plus personne n'osera même prononcer le mot mariage devant lui. Mais comment trouver cette perle rare ? Luis ne voit qu'une solution : la louer !
Et justement, Emma, la soeur de son meilleur ami et collègue, vient d'arriver à Paris et cherche du travail. Ça y est, le plan est en route. Au bout, la liberté pour Luis. Les plans, c'est bien sur le papier. Mais dans la vie, ça peut s'emballer...

.

Ca commence comme on s'y attendait après avoir vu la bande annonce, ça se termine comme on le souhaiterai, en Happy End. Et entre les deux, c'est de la folie légère, romantique et sincère, un vrai conte de fées qui manque de tourner au vinaigre plusieurs fois, et est ratrappé de main de maître dans un scénario qui ne traîne pas, qui vous fait rire et aussi comprendre.

J'ai apprécié le jeu des trois acteurs principaux, Alain Chabat, Charlotte Gainsbourg et Bernadette Lafont. Chabat est lourdaux et ensuqué, mais il est charmant, attendrissant même. Comme d'habitude il aime à se déguiser, et on le voit dans des costumes, humm, je vous laisse le voir pour le croire :)

Charlotte Gainsbourg est vraiment étonnante, je ne l'apprécie pas plus que ça et pourtant elle m'a bluffée, fragile, jeune et mûre à la fois, drôle et dramatique, fine et qui prend beaucoup de place. Elle joue son rôle avec beaucoup de crédibilité et réussit à se mettre tout le monde dans la poche.

Et enfin Bernadette Lafont, qui a un second rôle, mais qui ne saurait laisser personne indifférent, la Reine Mère, la Mère Juive, la Mère Castratrice, et avec un réel talent (qui n'est plus à prouver). Elle fait rire, beaucoup, grincer des dents aussi.

Je range ce film du côté des Gazon Maudit, je vous le conseille pour un bon moment de rire et de détente.

Par Marie, Paris - Publié dans : Carnet de culture
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires
Mercredi 25 octobre 3 25 /10 /Oct 09:21

Vendredi dernier, après une journée de boulot éreintante et un dîner dans un mauvais restaurant Chinois, je suis allée voir le spectacle Sit, donné au Casino de Paris par le trio "Tricicle".

Depuis leur formation en 1979 à Barcelone, Tricicle est un groupe de mimes qui utilise l'humour en tant que base à toutes leurs productions.
Ils ont commencé par du théâtre de rue et des petits cabarets, alors qu'ils étaient encore étudiants, en théâtre bien sûr.
Depuis 1981 ils présentent des spectacles plus structurés et ont eu un succès quasi immédiat, gagnant prix après prix.
A partir de 1984 ils ont enchaîné les nouveaux spectacles, présentés en Espagne et puis partout en Europe et dans le monde.

Leur show actuel "Sit" a été créé en 2002 et est un succès Européen. "Sit ou la fabuleuse épopée de la chaise" est Une fiction désopilante sur l'histoire de la chaise de l'âge de pierre à nos jours.
Le trio catalan a étendu son registre, ils ne parlent toujours pas, mais pendant certains sketches, une voix-off explique et commente, ce "documentaire" sur la chaise à travers les âges et les cultures.. Clic pour voir la video

Je vous laisse découvrir la vidéo de présentation, qui vous donnera un petit aperçu du spectacle.

J'ai beaucoup apprécié ces deux petites heures passées en compagnie de Carles Sans, Paco Mir et Joan Gracia, ils ne sont plus tout jeunes et pourtant ils dégagent une énergie d'enfer.
J'ai beaucoup ri, je vous recommande particulièrement la scène de la salle d'attente chez le dentiste!

Ils sont au Casino de Paris du 17 octobre au 12 novembre 2006, courrez-y!
Casino de Paris
16, rue de Clichy
75009 Paris
métro Trinité d'Estienne d'Orves
Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi, Samedi à 20H30 et Dimanche à 17H00.

Par Marie, Paris - Publié dans : Carnet de culture
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Mercredi 4 octobre 3 04 /10 /Oct 09:20

J'ai décidé que cette année j'allais me rendre au théâtre un peu plus souvent. Je suis à Paris, la ville aux douzaines de théâtre, présentant des pièces toutes plus différentes les unes que les autres.

Pour cela, je me suis offert une carte du "Club spectables VIP" de 6 places à résever parmi une large sélection de pièces, le tout pour 79 euros. (si ça vous intéresse, je vous parraine, envoyez-moi un petit mot à sbmarie -at- gmail - point- com).

Ma première réservation a été pour la pièce "A fond la caisse". Voici la présentation:

"On les rencontre chaque jour, vêtues du même tablier et confinées dans la même fonction : les caissières de super marché font partie de la banalité de notre quotidien. Mais la pièce de Franck Didier invite le spectateur à un regard différent sur l’univers de ces femmes, en nous permettant de découvrir l’intimité de leur vestiaire, dans lequel leurs différentes personnalités se confrontent, s'affrontent ou se lient.De la “mama” antillaise à la bimbo hyper lookée en passant par la chef de rayon portugaise, la pièce regorge de situations cocasses, de rencontres improbables entre six femmes dont la vie diffère sitôt qu’elles ont quitté leur lieu de travail commun. Dans un langage résolument quotidien, le texte fait la part belle à ces petites phrases assassines ou désopilantes qui résonnent de manière naturelle dans les échanges quotidiens entre collègues. Comédie avant tout, rythmée, dynamique, la pièce ne se résume toutefois pas au simple genre comique : si l’on rit beaucoup de ses personnages (si proches de nous !), on se prend également de tendresse pour leurs petits défauts ou leurs existences parfois cabossées par la vie. Humour et tendresse : ce sont les maîtres mots de l’univers féminin qui nous est proposé par Franck Didier. Et peut être les maîtres mots de l’univers féminin tout court."

J'ai bien ri, je vous le confirme. Les six comédiennes m'ont fait passer un moment de bonheur, une tranche de leurs vies à toutes, où leur seul point commun est leur travail.
Le décor de la pièce est la salle de repos et des vestiaires des caissières, et on assiste à leurs conversations. Chacune a une vie et/ou un caractère bien rempli, et on suit leurs histoires, leurs joies et leurs peines. Elle sont dirigées par une supérieure qui, sous ses airs dominateurs, a aussi ses petits défauts à cacher (et pas des moindres! la mère supérieure se pinte au wisky en douce, une scène mémorable de beuverie :).
Le tout est parfaitement contemporain, on comprend mieux les humeurs de certaines caissières (surtout dans les Franprix Parisiens!).

Le temps passe en un éclair et il faut déjà sortir de la salle. Les filles ont beaucoup de tonus et font partager leur enthousiasme et leur joie de vivre.

Courrez-y! C'est jusqu'au 7 Octobre à La Grande Comédie 40, rue de Clichy 75009 Paris. Tél. : 01.48.74.03.65

Par Marie, Paris - Publié dans : Carnet de culture
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Mardi 3 octobre 2 03 /10 /Oct 10:09

Voici un roman que je viens de lire. Avant de vous donner mes impressions, comme d'habitude je vous propose le quatrième de couverture:

"Autrefois, la narratrice travaillait dans une usine de boissons gazeuses au bord de la mer. Un jour, une machine a sectionné l'extrémité de son annulaire, teignant de rouge le contenu de la cuve de boisson. Devenue incapable de boire des boissons gazeuses ou d'en voir sans penser à l'extrémité perdue de son doigt, elle a quitté ce lieu pour une ville inconnue, où elle a trouvé un travail de secrétaire dans un laboratoire de spécimens installé dans un ancien foyer de jeunes filles. Là, seule avec M. Deshimaru, le directeur et unique autre employé de son entreprise, elle accueille les clients venus lui confier des parties de leur existence pour pouvoir les oublier. M. Deshimaru lui a dit le jour de son arrivée que "le sens de ces spécimens est d'enfermer, séparer et achever". Fascinée par le taxidermiste, la jeune fille lui devient imperceptiblement soumise..."

L'auteure, Yôko Ogawa, est une maîtresse de l'art de l'atmosphère insolite et limite angoissante, tout en ayant un style d'écriture simple et épuré.

Dans ce récit on suit la narratrice pendant quelques semaines de sa vie, qui tombe peu à peu dans l'univers de son patron, un taxidermiste des plus inhabituels, qui ne conserve pas, comme on pourrait s'y attendre, des animaux morts, mais toutes sortes de souvenirs et de reliques pour ses clients. En conservant des objets qui représentent une phase douloureuse de la vie des clients, il les libère. Le mystère qui entoure son laboratoire secret et ses petites manies fait plonger la jeune héroine dans une spirale dont le lecteur voudra autant qu'elle connaître le fond.

.

Je vous conseille ce livre qui fait moins de 100 pages, et qu'on lit en une petite heure mais on n'en sort pas aussi vite...

Par Marie, Paris - Publié dans : Carnet de culture
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 12 septembre 2 12 /09 /Sep 09:10

Je viens de lire ce prix Goncourt 2004 de Laurent Gaudé en trois jours (six aller-retour en métro). Ce roman a également été doté du prix Jean Giono et le prix du roman populiste. L'auteur est né en 1972 (comme moi!) et a déjà publié plusieurs pièces de théâtre et trois romans.

Dès les premières lignes le décor est planté et on sent bien que le récit sera intense et ne laissera pas le lecteur indifférent.


"La chaleur du soleil semblait fendre la terre. Pas un souffle de vent ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s'était évanoui. La pierre gémissait de chaleur."

.

Au long de 280 pages et de plus de cent ans, on découvre l'histoire d'une famille, celle des Scorta, dans le petit village Sud-Italien de Montepuccio. C'est une histoire de soleil et de sueur, de larcins puis de labeur pour arriver à survivre et à vivre alors qu'on est poursuivis par la fatalité du malheur.

Au fil des pages, on découvre la vie de l'Italie du Sud dans la 2e moitié du XXe siècle. Il s'agit pour ce récit, de la vie des villageois, des vies simples et modestes, une rue principale, des champs d'oliviers, un curé, un café et un tabac.

Voici un passage que j'ai noté, je l'ai beaucoup aimé et j'espère qu'il vous plaira aussi:


"Il faisait apporter quelques tranches de pain blanc et un flacon d'huile de sa production et ils dégustaient ce nectar avec recueillement: "C'est de l'or, disait l'oncle. Ceux qui disent que nous sommes pauvres n'ont jamais mangé un bout de pain baigné de l'huile de chez nous. C'est comme de croquer dans les collines d'ici. Ca sent la pierre et le soleil. Elle scintille. Elle est belle, épaisse, onctueuse. L'huile d'olive, c'est le sang de notre terre. Et ceux qui nous traitent de cul-terreux n'ont qu'à regarder le sang qui coule en nous. Il est doux et généreux. Parce que c'est ce que nous sommes: des culs-terreux au sang pur. De pauvres bougres à la face ravinée par le soleil, aux mains calleuses, mais au regard droit. Regarde la sécheresse de cette terre autour de nous, et savoure la richesse de cette huile. Entre les deux, il y a le travail des hommes. Et elle sent cela aussi, notre huile. La sueur de notre peuple. Les mains calleuses de nos femmes qui ont fait la cueillette. Oui. Et c'est noble. C'est pour cela qu'elle est bonne. Nous sommes peut être des miséreux et des ignares, mais pour avoir fait tant avec si peu, nous serons sauvés. Dieu sait reconnaître l'effort. Et notre huile d'olive plaidera pour nous."

Voilà pourquoi j'ai aimé ce livre, il est court et intense, sans être pesant. On voit le soleil, on sent sa chaleur quand on tourne les pages, on profite de ses rayons tout en le redoutant. Les personnages sont à la fois bruts et sincères, et le tout baigne dans un réalisme pudique. De quoi vous faire passer un bon moment de lecture.

Par Marie, Paris - Publié dans : Carnet de culture
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Jeudi 13 avril 4 13 /04 /Avr 09:27

Je suis allée voir Jean-Philippe, vous en avez peut etre entendu parler? C'est l'histoire d'un fan de Johnny Hallyday (Fabrice Luccini) qui se trouve tranposé dans une dimension parallèle ou Johnny Hallyday n'a jamais été une star.

.

Je vous copy-colle le synopsis:
Fabrice, cadre moyen, est un fan absolu de Johnny Hallyday, peut-être même le plus grand... Mais un jour, il se réveille dans une réalité différente, un monde parallèle où Johnny n'existe pas.
Perdu, orphelin, il se met alors à la recherche de Jean-Philippe Smet, pour savoir ce qu'il est devenu dans cette autre dimension, et lorsqu'il le retrouve enfin, c'est pour découvrir un patron de bowling, un type comme les autres qui n'est jamais devenu une star.
Fabrice n'a plus qu'un seul but : ressusciter son idole, réveiller le "Johnny" qui sommeille en Jean-Philippe.
Mais Jean-Philippe peut-il devenir en quelques mois ce que Johnny Hallyday a mis des années à construire ?
Les deux compères ont 40 ans de "Johnny" à rattraper !
A travers l'aventure de ce pari impossible, une amitié extraordinaire va naître entre les deux hommes...

.

Le scénario est sympa, pas trop du réchauffé pour une fois, même s'il est archi simple: types un peu paumés, femme plus intéressée, impression d'avoir raté sa vie, enfant bruyant, boulot pas valorisant... L'un fait un rêve fou et y entraîne l'autre, le forçant à se dépasser, se réalisant ainsi à travers le second. L'idée originale de prendre un réveil dans un univers parallèle et de la star qui n'en n'a jamais été une est plutôt excellente :)

Ce n'est pas un monument du scénario et encore moins du jeu des comédiens, mais j'ai passé un très bon moment et en suis ressortie avec de la musique plein la tête.
Ce qui est sympa c'est que le sujet est fédérateur, la variéte, le rock, les stars et les fans. Comme vous vous en doutez, la bande originale est de qualité et fait se dandiner sur son fauteuil de cinéma.

.

J'en suis ressortie en chantant (presque) à tue tête, des images plein les yeux. Non des passages du film, mais beaucoup plus largement des tranches de vie, des morceaux d'adolescence et après, et du concert du stade de France, puisque, je ne vous le cache pas, j'y étais.

Comme pour beaucoup de trentenaires, Johnny Hallyday a toujours été présent dans ma vie. Non pas en tant qu'idole, mais en tant que monument, que symbole, que fondation. Johnny pour moi c'est une tranche de la culture francaise au même titre que Miterrand, Zidane, l'Abbé Pierre ou William Leymergie. Ce qu'il a de plus c'est ... le blueees! Ca danse et sa balance!

Je vous le conseille, ça réveille!

Par Marie, Paris - Publié dans : Carnet de culture
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mercredi 12 avril 3 12 /04 /Avr 09:30

J'ai fini récemment ce roman de Eric-Emmanuel Schmitt, qui ne m'a pas laissée indifférente. C'était mon premier Schimtt, et j'avoue avoir vraiment adhéré.

Le livre est en trois parties, en premier lieu on découvre la version de la vie de Jésus par sa bouche, puis on a le récit de Pilate sur la mort et la réssurection du Christ, et enfin c'est l'auteur qui se met à parler de l'écriture de son roman.

Voici la présentation de l'éditeur:

Première partie : Dans le jardin des oliviers, un homme attend que les soldats viennent l'arrêter pour le conduire au supplice. Quelle puissance surnaturelle a fait de lui, fils de menuisier, un agitateur, un faiseur de miracles prêchant l'amour et le pardon ? Deuxième partie: Trois jours plus tard, au matin de la Pâque, Pilate dirige la plus extravagante des enquêtes policières. Un cadavre a disparu et est réapparu vivant ! Y a-t-il un mystère Jésus ou simplement une affaire Jésus ? A mesure que Sherlock Pilate avance dans son enquête, le doute s'insinue dans son esprit. Et avec le doute, l'idée de foi. L'Evangile selon Pilate a reçu le Grand Prix des lectrices de Elle 2001.

J'ai bien aimé ce bouquin, qui nous donne une autre facette de l'histoire de la vie du Christ et des débuts du Christianisme.  Je suis Catho, j'ai fait mon cathéchisme itou, et la vie de Jésus on me l'a rabachée encore et encore, mais là c'est une version vue "de l'autre côté du miroir". Après tout, un évangile n'est qu'un récit, une biographie d'un héros, et les quatre que l'on connait n'ont été écrites que bien après les faits, alors un de plus ou de moins...

J'ai été subjuguée d'entendre Jésus dire "je". C'est peut être anodin pour les non-initiés mais pendant toute ma vie j'ai entendu la vie du Christ racontée par les autres, jamais par lui même. Il raconte ses joies d'enfance, ses parents comme tous les autres parents, et ses frères et soeurs. Il raconte comment il a appris à prier en "rentrant à l'intérieur de lui même", et surtout ce qu'il y a trouvé. Il dit qu'il ne pensait pas que c'était lui le Messie, et quand on lui pose la question il répond "c'est toi qui l'a dit". Il suit Jean-Baptiste, il explique comment il a demandé à Judas de le "trahir" (voir les articles du Nouvel Obs et de l'Express sur la question), il aime sa mère et il meurt plein d'amour.

Eric-Emmanuel Schmitt fait ensuite parler Pilate, dans une correspondance (à sens unique pour ce qu'on voit) avec son frère Titus resté à Rome. Plein de son sens pratique et carthésien, Pilate raconte l'enquête qu'il mène à travers Jérusalemn et tout le pays pour retrouver le corps de Jésus, disparu au 3e jour après la crucifixion. Il écrit ses certitudes et puis ses doutes, on le suit pas à pas dans sa quête de vérité. Ses opinions, celles de ses proches et enfin du peuple, les influents, les quidams, les prostituées et les apôtres. Dans ce récit, Pilate est très humain, avec ses forces et ses faiblesses, on se met à vouloir le comprendre, l'accompagner dans son périple en recherche d'une vérité qu'il ne verra peut être jamais.

 

L'Evangile selon Pilate est suivi du "Journal d'un roman volé" où l'auteur parle de l'écriture de son livre, puis de sa propre foi. J'ai trouvé ça intéressant, sans que sa lecture soit vitale à l'assimilation du reste.

Je vous conseille ce livre (240 pages + 40) si vous voulez lire une autre version de la vie du Christ, ou pour connaître la vie de Jérusalem il y a 2000 ans. Il vous fera peut être réfléchir sur votre foi, sur la religion, sur l'amour de son prochain.

Par Marie, Paris - Publié dans : Carnet de culture
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus