Ma vie souterraine à 25 Km/heure - tome 6

Publié le par Marie, Paris

La grève
Aujourd'hui est un jour de grève de la RATP.

On peut distinguer deux types de jours de grève, les drastiques et les partiels.
Un jour de grève drastique, c'est une galère sans nom. Tant et si bien, que j'ai décidé pour les deux dernières de démissionner et prendre une journée de congés (heureusement, je peux me permettre ce luxe).

Jour de grève dans le métro ParisienVoici comment ça se passe:
- au début de l'année, le syndicat se dit "il faut planifier nos jours de grève pour les 12 mois qui viennent". Il choisit des dates, qui ont ou non une signification politico-sociale, et déposent un préavis (le préavis est déposé plus ou moins longtemps à l'avance, pas 12 mois quand même).
- une semaine avant le jour J, le préavis est ressorti de dessous la poussière et est diffusé par la presse
- l'avant-veille, la presse en parle, je rends visite au site
www.ratp.fr (on peut aussi consulter le répondeur du numéro vert), pour savoir si mes lignes seront touchées et à quel degré
- la veille on a une idée assez précise du degré en question, là est le moment de s'organiser. Que vais-je faire pour aller au bureau, vais-je y aller tout court, quelles alternatives aux transports en commun y aurais-je... (la réponse est aucune, il me faudrait 4h de marche pour arriver au bureau!!!)
- au réveil, le matin du jour J, j'allume la radio, la TV, l'internet, et je m'informe, c'est vraiment à ce moment là qu'on sait à quelle sauce on sera mangé. Là, il faut dresser un plan d'action (si ça n'a pas été fait la veille) et s'habiller en conséquence. Par exemple, si il fait froid et que je sais que je vais devoir marcher (pour me rendre à Répu à pieds par ex) alors il faut mettre des chaussures fermées, un pantalon bien sûr, et écharpe-bonnet-gants. Si je sais que je ne vais pas avoir à marcher mais que je vais être empaquetée dans une rame bondée, il faut la jouer "léger", un sac pas trop plein dans lequel je pourrai caser écharpe-bonnet-gants et un blouson facilement enlevable. L'accessoire indispensable, c'est le balladeur. Au moins le temps passé le sera en musique, il faudra juste enlever les écouteurs lors des annonces au micro.

Un jour de grève peu suivie est quasiment un jour normal. Sauf que c'est pas grave si on arrive au bureau un peu en retard :)
Aujourd'hui on a le cas d'une grève peu suivie, et c'est tant mieux!

Il faut que je vous dise quelques mots sur l'attitude des usagers en temps de grève. Nous sommes quand même les premières victimes de cette prise d'otages réalisée par des travailleurs qui ont l'emploi à vie, et pour ceux de la SNCF une prime de charbon!

Donc, les usagers. Nous sommes de pauvres sardines peu fraîches que l'on compresse après les avoir faits poireauter massées sur un quai carrément refroidi. Il faut bonant-malant entrer dans une rame de métro déjà bondée, tenter de se trouver un coin de barre pour se tenir, ou pas de barre du tout, de toutes façons quand on est super compressés, on ne peut pas tomber (!). Le mieux est de prendre son mal en patience, ne pas être agressif (ça changera) car ça ne fera pas avancer les choses. N'hésitez pas à parler, pour une fois. Dites aux gens autour de vous si vous descendez à la station suivante, ou faites leur savoir que comme vous descendez dans très longtemps vous tentez de vous glisser vers le fond.
C'est chacun pour soi, mais aussi tous dans la même galère. Gardez votre calme et communiquez, faites-vous tout petit mais quand même bien installé, car ça va être long, très long. S'il vous plait, ne poussez pas, si c'est complet c'est vraiment complet, et en plus vous empêchez le train de partir, et donc à un autre de rentrer en gare (on peut rêver).

Bon courage chers usagers. Et vous chers lecteurs qui êtes loin de Paris et des villes, et donc de ces soucis, soyez heureux.

Publié dans Carnet de Paris

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

laurent 14/03/2006 18:55

"Il faut que je vous dise quelques mots sur l'attitude des usagers en temps de grève. Nous sommes quand même les premières victimes de cette prise d'otages réalisée par des travailleurs qui ont l'emploi à vie, et pour ceux de la SNCF une prime de charbon! "
==> Si la connerie prenait elle aussi des otages,  les otages seraient leurs propres geôliers.
A méditer, adorable dinde sans cervelle !

LaCuillerEnBois 23/11/2005 23:51

La province contaminée ...
Ce soir, dans le tram Ligne A à Bordeaux, sans être un jour de grève, l'illusion était parfaite : poussée pour nous faire entrer dans la rame, coups de coude pour nous faire avancer dans la rangée, pieds écrasés, doigts tordus pour avoir voulu désespéremment restés aggripés à un demi-centimètre carré de poignée ....
Bon, on peut avoir la vue sur la ville, mais comme je suis petite, j'ai le nez dans un poitrail puant de cigarette ou dans le col parfumé bon marché de mamie !

marion 23/11/2005 17:52

rien à rajouter, tout est dit !

Papilles et pupilles 23/11/2005 15:23

Et dire qu à Marseille cela fait plus d'un mois que cela dure. !!!

Dorian 23/11/2005 13:29

Voilà quelques conseilles de civilité qu'effectivement certains dans le métro pourraient suivre... et pas seulement les jours de grêve ;-) mes pieds ont encore quelques rudes souvenirs...
Par contre une petite précision... emploi a vie sans doute... prime de charbon non plus depuis longtemps... ;-) mais comme nous le savons tous sur internet certaines légendes ont la vie dure...