Mercredi 4 octobre 2006

J'ai décidé que cette année j'allais me rendre au théâtre un peu plus souvent. Je suis à Paris, la ville aux douzaines de théâtre, présentant des pièces toutes plus différentes les unes que les autres.

Pour cela, je me suis offert une carte du "Club spectables VIP" de 6 places à résever parmi une large sélection de pièces, le tout pour 79 euros. (si ça vous intéresse, je vous parraine, envoyez-moi un petit mot à sbmarie -at- gmail - point- com).

Ma première réservation a été pour la pièce "A fond la caisse". Voici la présentation:

"On les rencontre chaque jour, vêtues du même tablier et confinées dans la même fonction : les caissières de super marché font partie de la banalité de notre quotidien. Mais la pièce de Franck Didier invite le spectateur à un regard différent sur l’univers de ces femmes, en nous permettant de découvrir l’intimité de leur vestiaire, dans lequel leurs différentes personnalités se confrontent, s'affrontent ou se lient.De la “mama” antillaise à la bimbo hyper lookée en passant par la chef de rayon portugaise, la pièce regorge de situations cocasses, de rencontres improbables entre six femmes dont la vie diffère sitôt qu’elles ont quitté leur lieu de travail commun. Dans un langage résolument quotidien, le texte fait la part belle à ces petites phrases assassines ou désopilantes qui résonnent de manière naturelle dans les échanges quotidiens entre collègues. Comédie avant tout, rythmée, dynamique, la pièce ne se résume toutefois pas au simple genre comique : si l’on rit beaucoup de ses personnages (si proches de nous !), on se prend également de tendresse pour leurs petits défauts ou leurs existences parfois cabossées par la vie. Humour et tendresse : ce sont les maîtres mots de l’univers féminin qui nous est proposé par Franck Didier. Et peut être les maîtres mots de l’univers féminin tout court."

J'ai bien ri, je vous le confirme. Les six comédiennes m'ont fait passer un moment de bonheur, une tranche de leurs vies à toutes, où leur seul point commun est leur travail.
Le décor de la pièce est la salle de repos et des vestiaires des caissières, et on assiste à leurs conversations. Chacune a une vie et/ou un caractère bien rempli, et on suit leurs histoires, leurs joies et leurs peines. Elle sont dirigées par une supérieure qui, sous ses airs dominateurs, a aussi ses petits défauts à cacher (et pas des moindres! la mère supérieure se pinte au wisky en douce, une scène mémorable de beuverie :).
Le tout est parfaitement contemporain, on comprend mieux les humeurs de certaines caissières (surtout dans les Franprix Parisiens!).

Le temps passe en un éclair et il faut déjà sortir de la salle. Les filles ont beaucoup de tonus et font partager leur enthousiasme et leur joie de vivre.

Courrez-y! C'est jusqu'au 7 Octobre à La Grande Comédie 40, rue de Clichy 75009 Paris. Tél. : 01.48.74.03.65

Mardi 3 octobre 2006

Voici un roman que je viens de lire. Avant de vous donner mes impressions, comme d'habitude je vous propose le quatrième de couverture:

"Autrefois, la narratrice travaillait dans une usine de boissons gazeuses au bord de la mer. Un jour, une machine a sectionné l'extrémité de son annulaire, teignant de rouge le contenu de la cuve de boisson. Devenue incapable de boire des boissons gazeuses ou d'en voir sans penser à l'extrémité perdue de son doigt, elle a quitté ce lieu pour une ville inconnue, où elle a trouvé un travail de secrétaire dans un laboratoire de spécimens installé dans un ancien foyer de jeunes filles. Là, seule avec M. Deshimaru, le directeur et unique autre employé de son entreprise, elle accueille les clients venus lui confier des parties de leur existence pour pouvoir les oublier. M. Deshimaru lui a dit le jour de son arrivée que "le sens de ces spécimens est d'enfermer, séparer et achever". Fascinée par le taxidermiste, la jeune fille lui devient imperceptiblement soumise..."

L'auteure, Yôko Ogawa, est une maîtresse de l'art de l'atmosphère insolite et limite angoissante, tout en ayant un style d'écriture simple et épuré.

Dans ce récit on suit la narratrice pendant quelques semaines de sa vie, qui tombe peu à peu dans l'univers de son patron, un taxidermiste des plus inhabituels, qui ne conserve pas, comme on pourrait s'y attendre, des animaux morts, mais toutes sortes de souvenirs et de reliques pour ses clients. En conservant des objets qui représentent une phase douloureuse de la vie des clients, il les libère. Le mystère qui entoure son laboratoire secret et ses petites manies fait plonger la jeune héroine dans une spirale dont le lecteur voudra autant qu'elle connaître le fond.

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Je vous conseille ce livre qui fait moins de 100 pages, et qu'on lit en une petite heure mais on n'en sort pas aussi vite...

Mardi 12 septembre 2006

Je viens de lire ce prix Goncourt 2004 de Laurent Gaudé en trois jours (six aller-retour en métro). Ce roman a également été doté du prix Jean Giono et le prix du roman populiste. L'auteur est né en 1972 (comme moi!) et a déjà publié plusieurs pièces de théâtre et trois romans.

Dès les premières lignes le décor est planté et on sent bien que le récit sera intense et ne laissera pas le lecteur indifférent.


"La chaleur du soleil semblait fendre la terre. Pas un souffle de vent ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s'était évanoui. La pierre gémissait de chaleur."

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Au long de 280 pages et de plus de cent ans, on découvre l'histoire d'une famille, celle des Scorta, dans le petit village Sud-Italien de Montepuccio. C'est une histoire de soleil et de sueur, de larcins puis de labeur pour arriver à survivre et à vivre alors qu'on est poursuivis par la fatalité du malheur.

Au fil des pages, on découvre la vie de l'Italie du Sud dans la 2e moitié du XXe siècle. Il s'agit pour ce récit, de la vie des villageois, des vies simples et modestes, une rue principale, des champs d'oliviers, un curé, un café et un tabac.

Voici un passage que j'ai noté, je l'ai beaucoup aimé et j'espère qu'il vous plaira aussi:


"Il faisait apporter quelques tranches de pain blanc et un flacon d'huile de sa production et ils dégustaient ce nectar avec recueillement: "C'est de l'or, disait l'oncle. Ceux qui disent que nous sommes pauvres n'ont jamais mangé un bout de pain baigné de l'huile de chez nous. C'est comme de croquer dans les collines d'ici. Ca sent la pierre et le soleil. Elle scintille. Elle est belle, épaisse, onctueuse. L'huile d'olive, c'est le sang de notre terre. Et ceux qui nous traitent de cul-terreux n'ont qu'à regarder le sang qui coule en nous. Il est doux et généreux. Parce que c'est ce que nous sommes: des culs-terreux au sang pur. De pauvres bougres à la face ravinée par le soleil, aux mains calleuses, mais au regard droit. Regarde la sécheresse de cette terre autour de nous, et savoure la richesse de cette huile. Entre les deux, il y a le travail des hommes. Et elle sent cela aussi, notre huile. La sueur de notre peuple. Les mains calleuses de nos femmes qui ont fait la cueillette. Oui. Et c'est noble. C'est pour cela qu'elle est bonne. Nous sommes peut être des miséreux et des ignares, mais pour avoir fait tant avec si peu, nous serons sauvés. Dieu sait reconnaître l'effort. Et notre huile d'olive plaidera pour nous."

Voilà pourquoi j'ai aimé ce livre, il est court et intense, sans être pesant. On voit le soleil, on sent sa chaleur quand on tourne les pages, on profite de ses rayons tout en le redoutant. Les personnages sont à la fois bruts et sincères, et le tout baigne dans un réalisme pudique. De quoi vous faire passer un bon moment de lecture.

Jeudi 13 avril 2006

Je suis allée voir Jean-Philippe, vous en avez peut etre entendu parler? C'est l'histoire d'un fan de Johnny Hallyday (Fabrice Luccini) qui se trouve tranposé dans une dimension parallèle ou Johnny Hallyday n'a jamais été une star.

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Je vous copy-colle le synopsis:
Fabrice, cadre moyen, est un fan absolu de Johnny Hallyday, peut-être même le plus grand... Mais un jour, il se réveille dans une réalité différente, un monde parallèle où Johnny n'existe pas.
Perdu, orphelin, il se met alors à la recherche de Jean-Philippe Smet, pour savoir ce qu'il est devenu dans cette autre dimension, et lorsqu'il le retrouve enfin, c'est pour découvrir un patron de bowling, un type comme les autres qui n'est jamais devenu une star.
Fabrice n'a plus qu'un seul but : ressusciter son idole, réveiller le "Johnny" qui sommeille en Jean-Philippe.
Mais Jean-Philippe peut-il devenir en quelques mois ce que Johnny Hallyday a mis des années à construire ?
Les deux compères ont 40 ans de "Johnny" à rattraper !
A travers l'aventure de ce pari impossible, une amitié extraordinaire va naître entre les deux hommes...

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Le scénario est sympa, pas trop du réchauffé pour une fois, même s'il est archi simple: types un peu paumés, femme plus intéressée, impression d'avoir raté sa vie, enfant bruyant, boulot pas valorisant... L'un fait un rêve fou et y entraîne l'autre, le forçant à se dépasser, se réalisant ainsi à travers le second. L'idée originale de prendre un réveil dans un univers parallèle et de la star qui n'en n'a jamais été une est plutôt excellente :)

Ce n'est pas un monument du scénario et encore moins du jeu des comédiens, mais j'ai passé un très bon moment et en suis ressortie avec de la musique plein la tête.
Ce qui est sympa c'est que le sujet est fédérateur, la variéte, le rock, les stars et les fans. Comme vous vous en doutez, la bande originale est de qualité et fait se dandiner sur son fauteuil de cinéma.

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J'en suis ressortie en chantant (presque) à tue tête, des images plein les yeux. Non des passages du film, mais beaucoup plus largement des tranches de vie, des morceaux d'adolescence et après, et du concert du stade de France, puisque, je ne vous le cache pas, j'y étais.

Comme pour beaucoup de trentenaires, Johnny Hallyday a toujours été présent dans ma vie. Non pas en tant qu'idole, mais en tant que monument, que symbole, que fondation. Johnny pour moi c'est une tranche de la culture francaise au même titre que Miterrand, Zidane, l'Abbé Pierre ou William Leymergie. Ce qu'il a de plus c'est ... le blueees! Ca danse et sa balance!

Je vous le conseille, ça réveille!

Mercredi 12 avril 2006

J'ai fini récemment ce roman de Eric-Emmanuel Schmitt, qui ne m'a pas laissée indifférente. C'était mon premier Schimtt, et j'avoue avoir vraiment adhéré.

Le livre est en trois parties, en premier lieu on découvre la version de la vie de Jésus par sa bouche, puis on a le récit de Pilate sur la mort et la réssurection du Christ, et enfin c'est l'auteur qui se met à parler de l'écriture de son roman.

Voici la présentation de l'éditeur:

Première partie : Dans le jardin des oliviers, un homme attend que les soldats viennent l'arrêter pour le conduire au supplice. Quelle puissance surnaturelle a fait de lui, fils de menuisier, un agitateur, un faiseur de miracles prêchant l'amour et le pardon ? Deuxième partie: Trois jours plus tard, au matin de la Pâque, Pilate dirige la plus extravagante des enquêtes policières. Un cadavre a disparu et est réapparu vivant ! Y a-t-il un mystère Jésus ou simplement une affaire Jésus ? A mesure que Sherlock Pilate avance dans son enquête, le doute s'insinue dans son esprit. Et avec le doute, l'idée de foi. L'Evangile selon Pilate a reçu le Grand Prix des lectrices de Elle 2001.

J'ai bien aimé ce bouquin, qui nous donne une autre facette de l'histoire de la vie du Christ et des débuts du Christianisme.  Je suis Catho, j'ai fait mon cathéchisme itou, et la vie de Jésus on me l'a rabachée encore et encore, mais là c'est une version vue "de l'autre côté du miroir". Après tout, un évangile n'est qu'un récit, une biographie d'un héros, et les quatre que l'on connait n'ont été écrites que bien après les faits, alors un de plus ou de moins...

J'ai été subjuguée d'entendre Jésus dire "je". C'est peut être anodin pour les non-initiés mais pendant toute ma vie j'ai entendu la vie du Christ racontée par les autres, jamais par lui même. Il raconte ses joies d'enfance, ses parents comme tous les autres parents, et ses frères et soeurs. Il raconte comment il a appris à prier en "rentrant à l'intérieur de lui même", et surtout ce qu'il y a trouvé. Il dit qu'il ne pensait pas que c'était lui le Messie, et quand on lui pose la question il répond "c'est toi qui l'a dit". Il suit Jean-Baptiste, il explique comment il a demandé à Judas de le "trahir" (voir les articles du Nouvel Obs et de l'Express sur la question), il aime sa mère et il meurt plein d'amour.

Eric-Emmanuel Schmitt fait ensuite parler Pilate, dans une correspondance (à sens unique pour ce qu'on voit) avec son frère Titus resté à Rome. Plein de son sens pratique et carthésien, Pilate raconte l'enquête qu'il mène à travers Jérusalemn et tout le pays pour retrouver le corps de Jésus, disparu au 3e jour après la crucifixion. Il écrit ses certitudes et puis ses doutes, on le suit pas à pas dans sa quête de vérité. Ses opinions, celles de ses proches et enfin du peuple, les influents, les quidams, les prostituées et les apôtres. Dans ce récit, Pilate est très humain, avec ses forces et ses faiblesses, on se met à vouloir le comprendre, l'accompagner dans son périple en recherche d'une vérité qu'il ne verra peut être jamais.

 

L'Evangile selon Pilate est suivi du "Journal d'un roman volé" où l'auteur parle de l'écriture de son livre, puis de sa propre foi. J'ai trouvé ça intéressant, sans que sa lecture soit vitale à l'assimilation du reste.

Je vous conseille ce livre (240 pages + 40) si vous voulez lire une autre version de la vie du Christ, ou pour connaître la vie de Jérusalem il y a 2000 ans. Il vous fera peut être réfléchir sur votre foi, sur la religion, sur l'amour de son prochain.

L'auteure

Marie, Paris, France

 

 


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