Chaque matin je prends une correspondence entre la ligne 11 et la 9 à République. Depuis le haut des escaliers de la 11, je suis assaillie par une odeur de viennoiserie chaude. C'est un mix entre du beurre fondu, du sucre et parfois du chocolat. Le coupable? Le point de vente du couloir à gauche, juste avant l'escalier mécanique de la direction Pont de Sèvres.
Cette odeur est résultat de la nouvelle vague commerciale du "point chaud" assorti de "marketing sensoriel" et non celui du travail du boulanger traditionnel (qui lui, est resté au niveau de l'atmosphère). Quel gâchis ce phénomène du pain précuit surgelé et cuit vite fait dans des points de vente, quel désastre cette baguette striée en dessous, pâle et molassonne, qui s'éfritte et se désagrège avant même d'avoir touché votre table de cuisine (d'ailleurs loin de vous de la présenter sur une table, vous la découperez et la mettrez dans une corbeille, ce qui aura pour effet de la sécher encore plus vite), et quelle ingnominie ces viennoiseries dégoulinantes de beurre, sans aucun croquant et sans goût!
Pouah!
Je chéris l'idée d'un boulanger qui se serait levé à 1h du matin pour préparer amoureusement notre petit déjeuner, je bénis le four chaud dans lequel je glisse une pâte faite maison qui se transformera en beau et bon gâteau, je pleure de bonheur en respirant l'odeur du pain que j'ai fait dans ma machine, savamment programmée pour me réveiller en fin de cuisson.
Parisiens, j'en appelle à votre bon sens, et pour commencer celui du goût, vous savez très bien faire la différence entre une vraie baguette croustillante et pleine de goût, et un morceau de caoutchouc, vous êtes des professionnels du pain au chocolat feuilleté, alors avec moi défendez l'artisan boulanger!
Pour en lire plus: Boulangerie.net, et marketing sensoriel sur Educnet et le blog Mercadoc
Chaque année depuis que le concept existe, je m'apperçois en fin de saison, que Paris Plage vient de fermer ses portes. Oups, je n'y suis pas allée cette année encore. Ai-je "oublié", suis-je une rebelle "anti-Delanöé", est ce ma déception de ne pas avoir les JO en 2012 (mais au fait, suis-je déçue?), est-ce ma peur du soleil ou suis-je tout simplement indifférente?
Oui, déjà, j'ai oublié de m'y intéresser. Pour la ixième année consécutive ma curiosité n'a pas été assez forte pour me pousser jusqu'aux Quais.
Il faut dire à ma décharge, que ce n'est pas "sur mon chemin", et on sait très bien que 80% des parisiens au moins ne fait pas de détour à son chemin habituel dans sa vie quotidienne métro-boulot-dodo. Tout cet été en semaine j'ai fait boulot dodo en passant par la case obligée du métro, et les week-ends je les ai passés en dehors de la Capitale ou cloitrée à la maison.
Si je me suis apperçue de la cloture si rapidement, j'ai pourtant bien attendu l'ouverture, à un moment je me suis même demandé "mais vont-ils le faire cette année?". Aucune pub dans le métro ou sur les murs avant l'ouverture, pas de date annoncée. Les services municipaux étaient tellement pris dans l'aventure de la candidature pour les JO et le collage d'autocollants et affiches à cet effet par milliers, qu'ils en ont occulté la com' pour la plage.
Suis-je une rebelle anti-tout? Oui certainement dans un sens, je suis Parisienne que diable! Je suis anti-foule (à la TV on nous dit qu'il y a du monde), anti-déballage de chair sur la voie publique (quoiqu'avec le temps qu'on a eu, ça a dû être déballage de laine mérinos), je danse la samba comme un pied et j'ai un abonnement à la piscine municipale à côté du bureau. J'ai rien contre le Maire, sauf qu'il aurait pu se déplacer pour mon mariage (mdr).
Peur du soleil? Mais quel soleil? Ha oui on en a eu deux fois trois jours au début de Juillet, mais la plage Parisienne n'était pas en place. De toutes façons, même pendant la canicule de 2003 je ne suis pas allée à PP.
Héééé je n'ai pas encore "dit du mal", oula, faut que je corrige ça. Vous êtes prêts? Alors voilà, je déteste que les Quais soient fermés à la circulation automobile, c'est de cette façon que j'admire le mieux les merveilles architecturales de Paris (une ballade en voiture la nuit, c'est beau!). Ca provoque des embouteillages monstres [enfin c'est vrai surtout pour les dimanches "vélo-roller" pendant l'année, en août c'est moins pire] et ça oblige à faire des détours. Incroyable, même dans mon paragraphe haineux je n'ai pas d'arguments percutants. Il faut dire ce qui est alors, ça m'indiffère...
"Bonjour,
Il est 7h, il fait gris et la température extérieure est de 16 degrés, il tombe une petite bruine mais ne vous inquiétez pas ça va pas durer..."
Bah, faut juste mettre un pantalon, une paire de chaussettes et une veste, prévoir le parapluie (que j'ai oublié) et partir bosser comme chaque jour.
C'est la fin du mois d'août et il y a encore des places assises dans le métro, j'en obtiens une après 3 stations, ce qui est bien pour ma ligne (la 9).
Fallait que je passe à la poste avant le boulot, sur l'avenue Mozart. Incroyable, je ne fais pas la queue. J'envoie mon enveloppe à ma copine de forum en Belgique, et je peux même discuter avec le postier. "Quel plaisir" lui dis-je en montrant d'un geste la poste et la rue vides. "Oui, mais ça va pas durer, on va voir la semaine prochaine, les gens vont rentrer avec leur stress". Hélas il a raison, mais en attendant, j'arpente les rues de la capitale le coeur léger en allant bosser que ça me gène presque pas!
Désormais il pleut des cordes, mais soyons positifs, au moins il n'y aura personne à la piscine tout à l'heure. J'espère qu'ils auront fermé le toit ouvrant sinon ça va mouiller (bon d'accord, blague à 2 balles).
J'aime Paris au mois d'août. D'ailleurs autant que je me souvienne dans ma vie professionnelle, je ne suis jamais partie au mois d'août en vacances. (ah si en fait, pendant 2 ans le festival interceltique de Lorient pendant 1 semaine). J'aime être là quand les gens n'y sont pas. Ceux qui comme moi sont restés sont nettement plus zen. J'aime les parisiens aoûtiens, mais seulement ceux qui ne prennent pas de vacances hein. Désolée pour ceux qui rentrent, mais il y a quelque chose d'outrancier dans leur peau bronzée et leur odeur de crème hydratante après-soleil. Je ne supporte que la crème hydratante pour cause d'eau parisienne calcaire sur peau blanche.
Moi je pars en vacances après tout le monde, comme ça je profite de leur absence, et puis après de la mienne. Et puis pour être fidèle au paragraphe ci-dessus, je pars en Irlande comme ça je suis sûre de ne pas sentir la lotion solaire!
Bon, si je retournais bosser...








